Bienvenue !

Bonjour et bienvenue dans ma caverne d'Ali Baba remplie de bouquins !

Ce blog regroupe mes lectures et mes avis sur celles-ci.
Comme je suis toujours un peu en retard ici, n'hésitez pas à me suivre en direct sur mon profil Goodreads.
J'espère vous inspirer pour vos prochaines lectures.

Bonne continuation dans mes pages !

Cécile

mercredi 31 juillet 2019

La route

Cormac McCarthy - La route


Au dos du livre - Résumé :
L'apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres et de cadavres. Parmi les survivants, un père et son fils errent sur une route, poussant un Caddie rempli d'objets hétéroclites. Dans la pluie, la neige et le froid, ils avancent vers les côtes du Sud, la peur au ventre : des hordes de sauvages cannibales terrorisent ce qui reste de l'humanité. Survivront-ils à leur voyage ?

"Une émotion d'une intensité rarement atteinte dans la littérature." - Le Point


Mon avis :
La première chose qui m'a frappée, c'est la ponctuation. Il n'y a presque rien, juste des points, quelques virgules. Le rythme des phrases est haché. Ce sont de toutes petites phrases, comme si l'auteur s'économisait. Comme si les mots étaient rares. Le style est rude, comme la vie dans ce futur dont on ignore tout. Il y a eu une catastrophe, oui, mais quelle était sa nature, en quelle année elle s'est produite, on n'en sait rien. Il n'y a rien de superflu dans ce roman. Pas de prénoms, pas de ponctuation, quelques mots échangés entre les personnages, mais jamais plus que le nécessaire. Et ce rythme haché, ces toutes petites phrases, m'ont happée dans le roman. Une phrase, puis la suivante, on avance dans ce récit au rythme où l'homme et le petit avancent sur la route, toujours plus loin, sans s'arrêter. J'ai eu du mal à lâcher le livre, je voulais arriver au bout de la route avec eux. Mais pour y trouver quoi ? On ne le sait pas, et pourtant il y a l'espoir. Malgré la cendre partout, le gris, le froid, les "méchants", il y a ce pressentiment fou que quelque chose de beau, de chaud, qui en vaille la peine, subsiste, quelque part.
Une super lecture, à éviter toutefois si vous êtes un peu déprimés, ça risquerait de ne pas améliorer les choses.
Maintenant, les prochaines étapes : lire ce livre en version originale anglaise, et voir le film.

dimanche 14 juillet 2019

Oscar et la dame rose

Eric-Emmanuel Schmitt - Oscar et la dame rose


Au dos du livre - Résumé :
Voici les lettres adressées à Dieu par un enfant de dix ans.
Elles ont été retrouvées par Mamie Rose, la "dame rose" qui vient lui rendre visite à l'hôpital pour enfants. Elles décrivent douze jours de la vie d'Oscar, douze jours cocasses et poétiques, douze jours pleins de personnages drôles et émouvants. Ces douze jours seront peut-être les douze derniers. Mais, grâce à Mamie Rose qui noue avec Oscar un lien très fort d'amour, ces douze jours deviendront légende.


Mon avis :
Ce petit bouquin est très court mais très intense.
Oscar n'a que dix ans, mais il a connaît déjà la culpabilité du malade. Il a l'impression que c'est sa faute s'il est malade, et si les traitements qu'on lui fait essayer ne donnent pas de bons résultats. Heureusement que Mamie Rose, alias l'Etrangleuse du Languedoc, une ancienne catcheuse, est là ! Oscar a peur qu'après son opération ratée, sa seule issue soit la mort, mais personne ne veut en parler avec lui. Personne, sauf Mamie Rose, qui lui suggère d'en parler aussi à Dieu.
Alors Oscar écrit à Dieu tous les jours. Sa prise de conscience lui donne du recul. Elle lui permet de se rendre compte que la vie n'est pas un cadeau, juste un prêt, et qu'il ne faut pas oublier de donner toute leur importance aux petites choses. Dire à une personne qu'on va la protéger. Observer la beauté du monde. Passer un bon moment en famille.
Une très belle leçon de vie donnée par un petit garçon de dix ans, une ancienne catcheuse, et un Dieu mal en point.
Cette lecture m'a donné envie de voir le film, et aussi de lire tous les autres volets du Cycle de l'invisible.
Eric-Emmanuel Schmitt est vraiment un auteur que j'apprécie beaucoup, ses romans sont toujours pleins de subtilité et d'émotion, un vrai bonheur.



samedi 22 juin 2019

Justine et Juliette

Marquis de Sade - Justine ou Les malheurs de la vertu
Histoire de Juliette ou les prospérités du vice



Résumé de Justine :
Rejetant la douce nature rousseauiste, Sade dévoile le mal qui est en nous et dans la vie. La vertueuse Justine fait la confidence de ses malheurs et demeure jusque dans les plus scabreux détails l'incarnation de la vertu. Apologie du crime, de la liberté des corps comme des esprits, de la cruauté (extrême sensibilité des organes connue seulement des êtres délicats), l'œuvre du marquis de Sade étonne ou scandalise. C'est aussi une œuvre d'une poésie délirante et pleine d'humour noir.


Résumé de Juliette :
Juliette, brune, les yeux coquins et charmeurs, est une jeune femme libertine et orgueilleuse. Contrairement à sa sœur, la vertueuse et naïve Justine, Juliette, au sortir du couvent, choisit le vice comme ligne de conduite. Cette anti-héroïne expérimente alors toutes les formes de dépravation possibles, côtoyant des individus tous plus déviants les uns que les autres...
Aussi riche en scène explicites que Justine, le premier livre du marquis de Sade, Juliette continue à fasciner et à faire scandale par une immoralité viscérale propre à la pensée de son auteur.
Longtemps rejeté en marge de la société, le sulfureux marquis de Sade est aujourd'hui considéré comme une référence de la littérature érotique.


Mon avis :
Justine est plus pure que le bon Dieu en personne. Tout le monde passe son temps à essayer de la convaincre qu'elle a tort d'être croyante, que suivre le chemin de la vertu ne sert à rien, et que cela va la rendre malheureuse, alors que si elle faisait ce que bon lui semble, la vie serait facile et agréable. Justine s'obstine malgré tous ces argumentaires à rester vertueuse, et elle sera violée, dévalisée, jetée dehors, accusée de tout à de nombreuses reprises. C'est le duel du plaisir contre la vertu, du bien contre le mal, de la spiritualité contre la nature humaine, du bien-être personnel contre la bienfaisance, de l'égoïsme pur contre la charité. A chaque étape du chemin, Justine essayera tant bien que mal de raisonner avec les libertins qu'elle est forcée de servir, et à chaque fois on argumentera avec elle en retour, en lui donnant des raisons précises et des exemples, et en la poussant à rejeter ses idées. La morale, s'il faut en trouver une, semble nous dire que sur cette terre, il se peut que la vertu ne soit pas très bien récompensée, mais qu'il ne faut pas laisser cela vous détourner du droit chemin, car ce ne sera qu'à force de vertu qu'il sera possible de trouver le bonheur dans l'autre monde.

Juliette, la sœur de Justine, est tout l'inverse. Elle suit ses envies et profite des plaisirs de la vie. Cela n'empêche pas ses nombreux amants d'argumenter longuement avec elle sur l'existence de Dieu, le vice et la vertu, le fluide nerveux (!) et enfin de passer leur temps à justifier le crime. J'ai trouvé certaines de ces parties extrêmement dérangeantes.

J'ai clairement préféré l'histoire de Justine à celle de Juliette, qui m'a semblé vraiment rébarbative au bout d'un moment.